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TROUSSE D’OUTILS SUR LA TOXICOMANIE
– SOINS PRIMAIRES
Faire face aux problèmes d’alcool
Quelles sont les complications graves du sevrage de l’alcool ?

© 2010 CAMH et Centre de santé St-Joseph, Toronto

Le sevrage de l’alcool peut entraîner des complications graves, comme des convulsions, un delirium tremens, des hallucinations sans délire, des perturbations de l’équilibre électrolytique et des arythmies. Le syndrome de Wernicke-Korsakoff n’est pas causé par le sevrage, mais peut l’accompagner. Le Tableau 1 donne un aperçu de ces complications et de leur gestion.

Le sevrage de l’alcool peut également accompagner d’autres états médicaux graves, par exemple : encéphalopathie hépatique, dépression, intervention chirurgicale. Le Tableau 2 explique ces états et leur gestion.

Tableau 1 : Gestion des complications du sevrage de l’alcool
(Télécharger la version PDF)

 État  Caractéristiques cliniques  Gestion
 Convulsions
  
- le plus souvent : crises épileptiques tonico cloniques brèves et non focales, survenant 2 à 3 jours après le dernier verre d’alcool  - prévention : administrer oralement, toutes les 1 2 heures, au moins 3 doses de 20 mg de diazépam, même si le patient a obtenu un score de <10 à l’Échelle d’évaluation du sevrage de l’alcool de l’Institut clinique (CIWA Ar, version révisée)
- la phénytoïne est inefficace
- cas à examiner : 1ère convulsion chez un patient de plus de 40 ans ; crises isolées ; délai prolongé après le sevrage; traumatisme crânien
 Delirium tremens
 
 
 
 - survient 3 à 5 jours après le dernier consommation d’alcool, peut durer plusieurs jours
- souvent lié à une chirurgie ou une maladie grave
- désorientation extrême relativement aux autres personnes, aux endroits et au temps
- hallucinations vives, souvent visuelles, que le patient croit réelles
- délire paranoïde, agitation
- parfois : fièvre, transpirations, tremblements, vomissements, hypertension, tachycardie
- parfois, aucun effet secondaire autonome
- souvent pire la nuit
- une mort subite peut s’ensuivre après une arythmie due à une hypokaliémie et à un excès de catécholamine
 

- prévention : usage précoce et régulier de diazépam (souvent, plusieurs centaines de mg)
- administrer une injection intramusculaire d’halopéridol contre l’agitation grave
- prescrire des antipsychotiques atypiques contre le délire
- effectuer un remplacement liquidien et une équilibration électrolytique dynamique
- la nuit, le patient a souvent besoin d’une personne de compagnie
- si le patient est désorienté et essaie de partir, lui administrer la Formule 1
- au possible, éviter les appareils de contention
- si le diazépam n’a aucun effet sur l’hyperactivité autonome grave, diriger le patient vers des soins intensifs
- effectuer une intubation ou administrer du propofol ou une injection intraveineuse de lorazépam

Hallucinations sans délire
- généralement tactiles, mais parfois auditives ou visuelles
- le patient sait où il est, et sait que ses hallucinations ne sont pas réelles
- les antipsychotiques à faible dose ont un effet
- si le patient est en état de sevrage grave, lui prescrire au moins 3 doses de diazépam (les antipsychotiques abaissent le seuil épileptogène)
Perturbations de l’équilibre électrolytique
- souvent, faible taux de potassium et de magnésium
- peut déclencher une arythmie
- évaluer les conditions de base ; effectuer une surveillance quotidienne et une équilibration électrolytique jusqu’à atténuation du sevrage
Arythmies
- risque de tachyarythmie supraventriculaire ou ventriculaire
- risque accru dans les cas suivants : faibles taux de potassium ou de magnésium, myocardiopathie, patients âgés, sevrage grave, usage de cocaïne
- effectuer un moniteur cardiaque
- effectuer un traitement anti-arythmique standard
- effectuer un traitement agressif du sevrage
- surveiller pour la possibilité de myocardiopathie sous jacente, surtout si le patient a également une cirrhose (états souvent concomitants)
Syndrome de Wernicke-Korsakoff  - Wernicke : encéphalopathie, ataxie, ophtalmoplégie
- Korsakoff : non traité, il entraîne un déficit permanent de la mémoire à court terme
- il peut être difficile de diagnostiquer un patient en état d’intoxication ou de sevrage
- les épisodes subcliniques répétés peuvent entraîner une démence
- écarter toute autre cause d’encéphalopathie ou de nouvelle perte de mémoire
- administrer, une fois par jour pendant 3 jours, une injection intramusculaire de 100 mg de thiamine
- si la présence de ce syndrome est fortement soupçonnée (p. ex., ophtalmoplégie), administrer une fois par jour une injection intraveineuse de 100 mg de thiamine
- ne pas faire d’injection intraveineuse de dextrose avant d’avoir fait une injection intramusculaire de thiamine (la thiamine fait partie du métabolisme du glucose)

Tableau 2 : Gestion du sevrage de l’alcool chez les patients ayant d’autres états médicaux graves

(Télécharger la version PDF)

 État  Caractéristiques cliniques  Gestion
 Encéphalopathie hépatique  - un patient atteint d’une cirrhose et en état de sevrage risque une encéphalopathie s’il prend des benzodiazépines ou s’il souffre d’une perturbation liquidienne ou d’un déséquilibre électrolytique  - administrer du lactulose
- imposer un régime alimentaire faible en protéine
- utiliser les diurétiques prudemment
- éviter les benzodiazépines ; pour un sevrage grave, administrer 0,5 à 1 mg de lorazépam
- si le patient persévère dans le traitement et est abstinent depuis 6 mois à 2 ans, le proposer comme candidat à une transplantation hépatique
 Dépression
 - courante dans la dépendance à l’alcool
- taux élevé de suicide
 

- si le patient a des tendances suicidaires pendant le sevrage ou s’il reste déprimé après le sevrage, l’orienter vers un spécialiste en soins psychiatriques ou en toxicomanie

 Chirurgie
 - intensification du sevrage, risque accru de delirium tremens
- associée à l’arythmie post-chirurgie, aux infections des plaies et aux séjours prolongés à l’hôpital
 - effectuer une charge précoce et régulière en diazépam, si possible avant toute chirurgie
- effectuer une intervention chirurgicale non urgente ; proposer un programme externe de gestion du sevrage de l’alcool ; orienter vers un programme de traitement de la toxicomanie


Contenu de la section Faire face aux problèmes d’alcool

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